Retrace the Light
Plate-forme : PC
Date de sortie : 21 Novembre 2025
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Action/Aventure
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


7.5/10

Plongez dans l'univers immersif de Retrace the Light, un jeu d'action-aventure captivant en 2.5D, centré sur la fonctionnalité de « retournement spatial ».

Retracer la lumière.

Dans un marché saturé de jeux de rôle d'action qui misent sur les chiffres, le butin et des déferlements d'effets visuels, Retrace the Light emprunte une voie différente. Il ne vous submerge pas de mille systèmes, ne cherche pas à se transformer en un vaste monde ouvert, et ne cède pas aux tendances du moment pour vous captiver. Au contraire, il se concentre sur une idée claire, presque obsessionnelle, et construit tout autour d'une mécanique qui n'est pas un simple gadget, mais bien le cœur même de l'expérience : la possibilité de tracer un chemin puis de remonter le temps, en suivant cette trace de lumière. Et c'est précisément là que Retrace the Light vous séduit, car il parvient à rendre tangible la sensation de manipuler quelque chose de puissant et pourtant de fragile. Le jeu vous invite à bouger, à prendre des risques, à échouer et à recommencer, sans jamais que la répétition ne soit perçue comme une punition. Chaque course, chaque pièce, chaque combat devient un petit laboratoire où vous apprenez à exploiter cette compétence non seulement pour éviter les coups, mais aussi pour dominer le champ de bataille, contourner un ennemi, résoudre une énigme qui semblait impossible. Le résultat est un jeu d'action-aventure en 2.5D qui alterne des moments d'une intensité quasi-spirituelle avec des phases plus introspectives et énigmatiques, le tout baignant dans une esthétique futuriste et onirique. Mais le plus intéressant, c'est que Retrace the Light ne se contente pas d'être un simple jeu de combat et de réflexion : il aspire aussi à raconter une histoire poignante, intimement liée aux blessures intérieures des personnages et à un monde régi par l'intelligence artificielle, le contrôle et des choix moraux parfois complexes. Retrace the Light fait partie de ces jeux dont la bande-annonce ne crie pas « chef-d'œuvre », mais une fois lancé, il s'insinue lentement dans l'esprit, comme s'il possédait son propre rythme. Un rythme fait de lumière, de retours en arrière et de questions qui persistent plus longtemps qu'on ne l'imagine.

Le protagoniste est Decem, un Exécuteur travaillant pour une autorité supérieure dans un futur dominé par des technologies avancées et un système énergétique qui semble avoir transformé les humains en rouages. Son travail est unique : pénétrer les espaces mentaux, reconstruire les fragments, affronter les distorsions et les « interférences » issues d’une conscience humaine fracturée. C’est un concept fascinant car il mêle science-fiction et introspection, reliant le combat non seulement à la survie physique, mais aussi à la réparation de quelque chose de plus profond. Le décor joue beaucoup sur les contrastes : d’un côté, la froideur d’un monde hyper-technologique ; de l’autre, l’étrangeté presque poétique des lieux explorés, qui évoquent souvent des rêves numériques, des souvenirs déformés ou des architectures impossibles. Le Meta Mirror Project et les « Labyrinthes de Miroirs » deviennent une sorte de théâtre mental où tout peut se déformer et où l’on ne sait plus toujours si l’on voit un lieu réel ou une projection. L'intrigue se déroule à un rythme soutenu, sans explosions narratives incessantes, mais avec un mystère qui s'installe progressivement. N'attendez aucun rebondissement forcé : Retrace the Light privilégie les détails, les indices, les dialogues et les fragments de savoir disséminés. Par moments, le jeu vous laisse même délibérément désorienté, comme s'il vous invitait à reconstituer l'histoire, à l'instar de Decem qui rassemble les consciences brisées. Les personnages secondaires jouent un rôle important, car c'est souvent grâce à eux que l'on comprend ce qui se passe réellement, mais surtout parce qu'ils confèrent au jeu une dimension plus humaine. Retrace the Light n'aborde pas la psychologie et le traumatisme de manière « clinique » : il le fait par le biais d'une narration qui privilégie la suggestion à l'explication directe. Certains passages sont particulièrement réussis car ils nous font ressentir toute la charge émotionnelle de certaines situations ; d'autres sont un peu moins percutants, notamment lorsque l'intrigue s'appuie sur des concepts de science-fiction convenus. Cela dit, l'atmosphère reste prenante. Chaque nouvelle zone donne l'impression d'être une page inédite d'un livre de science-fiction illustré, et le sentiment d'explorer une réalité instable, où tout peut se plier ou se briser, imprègne quasiment toute l'aventure.

Un gameplay cohérent.

Si l'histoire est le moteur émotionnel, le gameplay est l'aimant qui vous captive. Retrace the Light est un RPG d'action en 2.5D à vue isométrique, basé sur des combats intenses et des énigmes construites autour du mécanisme de retour en arrière. En clair, lorsque vous vous déplacez, vous laissez une « trace » et pouvez choisir de revenir en arrière, de retourner au point de départ de votre parcours. Cela paraît simple, mais c'est le genre d'idée qui devient de plus en plus intéressante à mesure que le jeu se complexifie. En combat, cette capacité révolutionne votre approche des affrontements. Fini les esquives aléatoires : vous tracez un chemin pour fuir et contre-attaquer. Vous vous déplacez pour éviter un coup puissant, laissez une traînée de lumière, attendez le moment opportun, puis effectuez un demi-tour précis, vous retrouvant en position avantageuse pour frapper l'ennemi par derrière ou interrompre une attaque. Une fois le système maîtrisé, la sensation est incroyablement grisante , car vous avez véritablement l'impression de manipuler l'espace à votre avantage. Decem propose un arsenal de mouvements assez basique, avec des attaques légères et lourdes, mais la progression ajoute de nouvelles capacités et améliorations qui enrichissent le gameplay et la gestion des ennemis. Le système de compétences est très complet et permet de se spécialiser, rendant la progression du personnage plus intéressante. L'arbre de compétences n'est pas infini, mais sa variété est suffisante pour vous inciter à réfléchir à vos véritables besoins : plus de mobilité, plus de dégâts, plus de contrôle, plus de résistance. Les boss constituent l'un des moments les plus réussis du jeu, car ils sont conçus pour tester l'utilisation du retour en arrière. Le jeu devient alors impitoyable : si vous ne parvenez pas à créer la trace avant l'attaque la plus dangereuse, vous n'aurez littéralement aucun moyen de vous en sortir. Cela rend certains combats de boss extrêmement tendus, presque comme une chorégraphie impérative, où la mémorisation des schémas d'attaque et le timing priment sur le simple niveau du personnage.

Viennent ensuite les énigmes, et là aussi, la mécanique de rembobinage devient essentielle. Retrace the Light propose des énigmes basées sur le timing, les chemins, les interrupteurs et les obstacles qui semblent insolubles jusqu'à ce que l'on comprenne que le jeu nous invite à penser de manière non linéaire. Nombre d'entre elles sont bien conçues et procurent cette satisfaction particulière lorsque la solution paraît évidente… mais seulement après l'avoir trouvée. Certaines, cependant, risquent d'être trop évidentes, car on sait immédiatement quel pouvoir utiliser pour les résoudre. Ce n'est pas un défaut majeur, mais cela empêche certains moments d'atteindre le niveau de surprise pure que peuvent offrir les meilleures énigmes. Entre les missions, le jeu vous ramène au hub principal, un lieu unique et presque inquiétant où vous pouvez discuter avec d'autres personnages, vous entraîner, changer de personnage et découvrir de nouveaux éléments de l'histoire. C'est un excellent moyen de relâcher la tension, même si, parfois, le hub ressemble davantage à un simple passage qu'à un lieu véritablement vivant. Le concept fonctionne, mais l'impact n'est pas toujours aussi fort que celui des niveaux les plus intenses. Globalement, Retrace the Light réussit un tour de force : fonder son gameplay sur une mécanique unique et en faire le fil conducteur de tout. Combats, énigmes et rythme narratif s'articulent autour de cette piste lumineuse. Ce qui confère au jeu cohérence, identité et une personnalité bien distincte.

Techniquement convaincant.

Visuellement, Retrace the Light fait partie de ces jeux qui paraissent avoir un budget bien plus conséquent qu'il n'en a réellement. La direction artistique est méticuleuse, avec des environnements mêlant futurisme et surréalisme, et une palette de couleurs tantôt chaleureuse et accueillante, tantôt froide et dérangeante. Les portraits des personnages, souvent dessinés dans un style illustratif, leur confèrent une personnalité plus affirmée et rendent les dialogues plus expressifs. Les ennemis, quant à eux, arborent des designs intéressants, avec des formes et des mouvements qui semblent relever d'une logique « mentale » plutôt que biologique, en accord avec le thème de la conscience altérée. Les effets lumineux sont incontestablement les points forts du jeu. Il aurait été problématique qu'un jeu portant ce titre n'exploite pas la lumière de manière artistique, mais ici, le résultat est réussi. Les effets de retour en arrière, les traînées lumineuses, les explosions d'énergie et les capacités spéciales remplissent l'écran sans le surcharger, préservant ainsi une excellente lisibilité. L'audio contribue parfaitement à l'expérience, avec une bande-son qui alterne moments d'ambiance et pics d'intensité lors des combats. Ce n'est pas une musique que vous fredonnerez immédiatement, mais elle remplit parfaitement son rôle : soutenir l'atmosphère et ne pas rompre l'immersion. Les effets sonores sont réussis et les retours d'information sont satisfaisants, notamment grâce à la parfaite synergie entre esquive et retour en arrière. En termes de performances, l'expérience est généralement stable, avec quelques moments où l'action et les effets à l'écran peuvent légèrement ralentir la lecture, mais rien qui ne vienne vraiment perturber le rythme. Techniquement, Retrace the Light est cohérent avec son ambition : il ne recherche pas le photoréalisme, mais l'atmosphère et l'identité, et il y parvient avec élégance. Malheureusement, il n'y a pas de traduction française pour le moment.

VERDICT

-

Retrace the Light est un jeu mémorable grâce à son concept fort et à son exploitation sans faille. Loin des RPG d'action génériques et de leurs artifices tape-à-l'œil, il construit un système complet autour du concept d'espace rembobiné, le transformant en un outil de combat et de réflexion. Ce jeu récompense l'apprentissage, punit la moindre distraction et pousse constamment le joueur à adopter une approche plus intelligente, plus précise et plus consciente. Il n'est pas parfait : certains passages narratifs manquent parfois d'impact et les énigmes surprenantes ne durent pas toujours jusqu'à la fin, mais sa qualité globale reste élevée.

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